Quantified self : la CNIL publie le résultat de ses travaux

Éthique | 12 juin 2014
La CNIL consacre le numéro 2 des « Cahiers innovation et prospective » au thème du « quantified self » (quantification de soi) et santé mobile (M-Santé). Le document apporte un éclairage sur les enjeux que soulève l’apparition des objets connectés pour la protection des données personnelles, et propose des pistes de réflexion pour une régulation adaptée.

Le thème du « quantified self » ou mesure de soi, agite depuis quelques années déjà le monde du numérique, et dans une moindre mesure celui de la santé (
lire aussi notre article du Mag sur le sujet). Il est vrai que l’augmentation récente des usages de mesure d’activité découlant de la démocratisation des outils numériques mobiles, s’il laisse encore circonspects certains professionnels de santé, a fait de la santé le nouvel eldorado des industriels.

Signe de cet engouement : l’annonce quasi simultanée, il y a quelques jours, du
lancement de véritables plateformes de santé mobiles par les deux géants du numérique que sont Apple et Samsung, respectivement avec HealthKit et SAMI. L’objectif poursuivi par les deux constructeurs est le même : centraliser les données recueillies par les applis de mesure de soi dans une base unique pour permettre leur utilisation par d’autres applications, sur le modèle du Big data.

Mais si la donnée est la matière première utilisée par cette industrie, la donnée de santé revêt quant à elle une sensibilité particulière,
traduite d’ailleurs dans les textes de loi, qui définissent clairement le cadre de leur utilisation.

Or, l’émergence des objets connectés questionne le cadre juridique actuel, notamment de la définition même de la donnée de santé ou de la responsabilité, à l’heure de la capture et du partage automatisé des données. L’ASIP Santé a d’ailleurs consacré un atelier au sujet lors des Salons de la santé et de l’autonomie 2014.


Pour y voir plus clair, la CNIL consacre le numéro 2 des Cahiers IP (Innovation et prospective) au sujet du quantified self et des objets connectés. Se tenant à l’écart de l’alarmisme ou au contraire de l’enthousiasme démesuré qui caractérisent certaines publications actuelles sur le sujet, la CNIL livre une analyse plus en profondeur de l’impact potentiel de ces nouvelles pratiques sur la vie privée et les libertés individuelles, dans le prolongement des travaux du chantier
« vie privée 2020 »

La publication est le fruit de divers travaux de la CNIL : entretiens avec des experts (chercheurs, acteurs économiques, institutionnels, médecins) ; état des lieux à l’international sur les régulations à l’œuvre dans le domaine des applications mobiles de santé et des capteurs connectés ; étude du marché et du modèle économique des acteurs ; lancements de tests de capteurs et d’applications dans le cadre du laboratoire de la CNIL, etc.



Pour aller plus loin :


Crédits photo : CNIL/ASIP Santé/DR