Europe : la Commission pose les bases d’un cadre d’interopérabilité commun pour la e-santé

Interopérabilité | 24 juill. 2013
En 2012, la Commission Européenne a fixé l’objectif de développer un cadre d’interopérabilité européen afin d’impulser un développement homogène de la e-santé dans les 27 pays membres. Dans cette optique, elle a lancé une étude pour poser les bases de ce futur cadre d’interopérabilité sur les plans technique, sémantique, organisationnel et juridique. Confiée au cabinet Deloitte, l’étude « eHealth EIF » est disponible en téléchargement depuis le 7 juillet sur le site de la Commission Européenne.

Afin de définir un premier niveau d’architecture, l’étude propose 10 spécifications techniques issues du cadre d’interopérabilité du
projet epSOS et des travaux de deux organismes de standardisation reconnus du domaine de la e-santé : Integrating the Healthcare Enterprise (IHE) et Continua Health Alliance.

Ce document a pour objectif d’aider le développement futur de services de e-santé transfrontaliers au sein des pays de l’Union Européenne, dans le cadre du programme d’investissement européen
"Connecting Europe Facility", mais il peut également être utilisé pour le déploiement de projets nationaux, locaux, voire expérimentaux.

En France, le
"Cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé" (CI-SIS) publié par l’ASIP Santé compile des principes et standards qui prennent en compte les normes préconisées pour ce cadre d’interopérabilité européen.

L’étude a été menée sous l’impulsion du
"eHealth Network", un groupe d’experts des 27 pays de l’Union Européenne, membres du réseau e-santé, chargés de dessiner les grandes lignes d’un développement de la e-santé au niveau européen, en prêtant une attention particulière aux questions d’interopérabilité.

En introduction, les auteurs rappellent les gains d’efficience et de qualité promis par la e-santé, à condition qu’elle soit accompagnée d’un pilotage clair et efficace de la part des pouvoirs publics. Ils soulignent également son important potentiel économique malgré le climat de crise actuel. Le marché mondial de la télémédecine représente un chiffre d’affaires qui est passé de 9,8 milliards de dollars à 11,6 milliards en 2011, avec une prévision d’expansion à 27 milliards de dollars pour 2016, soit une croissance de 18,6% par an. Parallèlement, le marché des services plus orientés « bien-être », comme les applications mobiles et les
outils de mesure de soi (ou "quantified self") connaît une croissance très rapide.

Toutefois, toujours selon les auteurs de l’étude, certaines barrières contraignent encore une véritable démocratisation de la e-santé, au premier rang desquelles le manque d’interopérabilité des solutions européennes. L’étude entend donc apporter un début de réponse à cette problématique, pour que la e-santé puisse bénéficier bientôt à tous les citoyens européens.

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