L’ASIP Santé publie pour concertation un cahier des charges fonctionnel pour l’informatisation de la prescription et de l’administration en néonatologie et en réanimation pédiatrique

Services | 24 févr. 2017
Ce référentiel, validé par la Société française de néonatologie (SFN) et le Groupe francophone de réanimation et d'urgences pédiatriques (GFRUP), doit permettre aux établissements de santé d’élaborer leurs appels d’offre industrielle, pour l’intégration de ces fonctionnalités dans le système d’information hospitalier. Il  devra s’appuyer sur un thésaurus élaboré par la SFN visant à pallier l’absence de base médicamenteuse spécifique à la néonatologie. Il a été élaboré par l’ASIP Santé, à qui la Direction générale de l'offre de soins du ministère chargé de la santé (DGOS)  a confié la maîtrise d’ouvrage du projet. La DGOS en assure quant à elle le pilotage stratégique. 
 
 
 

Les commentaires sur ce document doivent être formalisés dans la fiche de lecture disponible en téléchargement et transmis par messagerie électronique à l’adresse : concertation-DAM@sante.gouv.fr, avant le 10 avril 2017.


La nutrition parentérale pédiatrique est une activité à haut risque  du fait de la fragilité des patients traités (prématurité) et des médicaments administrés dont près de 50% le sont hors autorisation de mise sur le marché (AMM).

Les accidents survenus récemment en services de réanimation en néonatalogie ont conduit la DGOS à réaliser une analyse du circuit du médicament initiée en janvier 2014 en lien avec les sociétés savantes (en particulier la Société Française de Néonatologie, SFN),
l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Haute autorité de santé (HAS) ainsi que l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), missionnée pour mener un état des lieux des pratiques en néonatologie et réanimation pédiatrique.

Un rapport de l’IGAS alerte sur la présence d’un risque non maitrisé sur l’ensemble du circuit du médicament en néonatologie. Parmi les 41 préconisations de l’IGAS, visant à augmenter le niveau de sécurité de cette activité, figure l’informatisation de la prescription en néonatologie et réanimation pédiatrique.

Plusieurs éléments rendent néanmoins l’application de cette préconisation délicate :

  • les logiciels de prescription pour la patientèle adulte sont inutilisables en néonatologie du fait de la spécificité du secteur ;
  • l’hétérogénéité des pratiques observées rend le développement d’offres standards complexe ;
  • le nombre faible d’unités de néonatalogie en France (75) en fait un marché de niche ;
  • les unités de néonatologie et les urgences pédiatriques étant regroupées dans 80% des sites hospitaliers, la fonction de prescription pour cette patientèle cible présente une gestion d’une grande complexité ;
  • la certification obligatoire des logiciels hospitaliers d’aide à la prescription (LAP) prévue à l’article L161-38 du CSS, et gérée sous la responsabilité de la HAS ne peut pas s’appliquer à ce contexte de prescription. En effet, le référentiel établi par la HAS ne couvre ni les préparations hospitalières et magistrales, ni la nutrition parentérale, et ne concerne pas la patientèle de pédiatrie et néonatalogie. 
Tous ces éléments expliquent que peu d’offres industrielles permettent aujourd’hui une couverture des besoins métier. Ils  justifient également le besoin de formaliser un document listant les fonctionnalités nécessaires pour couvrir le processus complet de la prescription à l’administration en services de néonatologie et réanimation pédiatrique.
 


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