François Fillon : 2,4 milliards d'euros seront dédiés à des projets sur la santé

Politique publique | 31 Mai 2011
Le Programme Investissements d'avenir va consacrer 2,4 milliards d'euros à des projets directement ciblés sur la santé, et notamment dans le domaine de la e-santé, a rappelé le Premier ministre François Fillon lors de son discours prononcé à l'Institut de Recherche contre les Cancers de l’Appareil Digestif (IRCAD) à Strasbourg, lundi 30 mai.
Dans le domaine de la santé, "notre démarche, c'est celle de la modernisation, c'est celle de l'innovation" a indiqué le Premier ministre. "C'est également l'objectif du programme Investissements d'avenir, qui consacre environ 2,4 milliards d'euros à des projets ciblés sur la santé". Ces investissements permettront des avancées, dans un nombre varié de secteurs, dont l'e-santé.

"Ce que nous pouvons voir ici, c’est la pertinence du programme d’investissements d’avenir de 35 milliards d’euros que nous avons engagé avec le Président de la République", a-t-il ajouté, soulignant la réussite du projet de chirurgie mini-invasive mené par le Professeur Marescaux.

"Notre politique de santé, ça n'est pas une charge" a poursuivi le Premier ministre "C'est une ressource d'innovation, de croissance, d'activité et par conséquent d'emploi".

Plus tôt dans la journée, François Fillon a inauguré un nouveau bâtiment de l'hôpital de proximité de Sélestat, un hôpital qui a "fait le choix de l'innovation en se portant à l'avant-garde […] du projet de dossier médical personnel"



Discours intégral


Strasbourg, lundi 30 mai 2011


Mesdames et messieurs,

Je ne suis pas venu ici en Alsace cet après-midi pour préparer ma reconversion dans la chirurgie mini-invasive, même si j’ai montré tout à l’heure quelques prédispositions !

Non, je suis venu pour partager avec vous, et je suis heureux de pouvoir le faire en compagnie de Xavier BERTRAND et de Nora BERRA, une conviction très forte : notre politique de santé, ce n’est pas une charge, c’est une ressource d’innovation, de croissance, d’activité et donc par conséquent d’emplois.

Et ce que j’ai vu aujourd’hui, monsieur le Professeur, le démontre puisque votre projet qui se situe à un très haut niveau d’excellence internationale va attirer (d’ailleurs il attire déjà) des professionnels de santé qui vont venir du monde entier pour se former à ces nouvelles technologies.

C’est un projet qui repose sur une alliance entre la recherche privée et la recherche publique, et vous savez combien notre pays de ce point de vue là, avait un modèle qui présentait des faiblesses par rapport aux autres grands pays développés, dans l’alliance entre la recherche privée et la recherche publique.

C’est un projet qui fait travailler ensemble des acteurs locaux dont Alsace Biovalley dans le domaine des biotechnologies.

C’est un projet qui est soutenu par l’engagement des collectivités locales alsaciennes.

C’est un projet qui va avoir un impact considérable pour votre région, dont le rayonnement importe tellement à Philippe RICHERT.

Et plus largement c’est un projet qui va avoir un rayonnement pour l’ensemble de notre pays.

La première chose que je voudrais souligner, c’est que ce que l’on voit ici, avec ce que vous nous avez montré et les interventions qui viennent d’avoir lieu, c’est d’abord la pertinence du programme investissements d’avenir de 35 milliards d’euros, que nous avons engagé avec le Président de la République.

Ce programme avait été accueilli avec un certain scepticisme.

Naturellement aujourd’hui tout le monde a oublié les critiques qui ont entouré son annonce et chacun se réjouit de voir que la France a décidé de miser sur la relance par l’investissement et la relance, par l’innovation, par le soutien à la recherche.

Mais cela ne vous étonnera pas si j’insiste un peu sur le fait que l’on peut tirer les enseignements de ces situations.

On a beaucoup critiqué notre manière de réagir à la crise et en particulier la manière dont nous avons sauvé nos systèmes financiers.

Aujourd’hui on peut constater les résultats. Les décisions que nous avons prises, étaient pertinentes. La France est pratiquement le seul pays européen qui aura prêté de l’argent aux banques à 8%, ce qui lui aura rapporté 2,5 milliards d’euros, quand dans la plupart des autres pays européens, le plan de soutien aux banques a été un plan qui a coûté aux contribuables.

Nous avons choisi de soutenir l’investissement dans cette crise alors que beaucoup nous réclamaient de soutenir la consommation.

Ceux qui ont soutenu la consommation – je pense à nos amis britanniques – ont aujourd’hui une croissance plus faible que la nôtre. Ils se sont endettés de façon plus importante que nous ne l’avons fait et d’une certaine façon, ils n’ont pas préparé l’avenir puisque l’argent qu’ils ont mis dans le soutien à la consommation, ils ne l’ont pas mis dans le soutien à l’investissement.

Je crois vraiment que ce programme investissements d’avenir, c’est un programme qui illustre parfaitement le caractère efficace, le caractère judicieux de la réaction qui a été la nôtre devant cette crise économique et financière.

Vous allez me dire que je me félicite moi-même, mais comme il est assez peu courant que je lise dans la presse des choses aimables au sujet de la politique du Gouvernement, je me permets de le faire !

Semaine après semaine, nous voyons se révéler les projets lauréats dans le cadre de ce programme investissements d’avenir, et je tiens à souligner une deuxième chose, c’est que le choix que nous avons fait de mettre en œuvre des dispositifs de jurys internationaux, des dispositifs de sélection des projets extrêmement rigoureux et reposant sur des jurys scientifiques, sur des jurys internationaux, c'est-à-dire en nous interdisant toute intervention politique au sens même le plus noble du terme, je crois que dans la situation qui est la nôtre où l’argent public est extrêmement rare, dans une compétition mondiale aussi dure que celle que nous devons affronter, je crois que c’était vraiment le bon choix. Et j’ai même envie de dire que cette procédure, c’est un peu une révolution culturelle dans notre pays.

On avait l’habitude de distribuer les crédits publics à ceux qui les réclamaient le plus fort, on avait l’habitude de distribuer les crédits publics en mettant en place d’abord des critères, comme on disait « d’aménagement du territoire ».

S’agissant de la recherche, s’agissant de l’université, nous n’avons plus le droit de faire ça.

Nous n’avons plus le droit, d’abord parce que nous n’avons pas les ressources pour disperser nos moyens, mais surtout parce que la compétition est tellement rude qu’il faut absolument que l’argent public aille aux meilleures équipes, à celles qui sont capables de tenir le meilleur rang dans cette compétition internationale.

Et bien je vous le dis, nous allons continuer à le faire.

Cela n’est pas la peine de m’écrire pour défendre les projets dans le cadre du plan investissements d’avenir, ça ne sert à rien : ce sont les jurys qui décident.

Et je veille avec beaucoup de rigueur à ce que les décisions soient bien celles qui sont prises par les scientifiques, par les jurys, par ceux qui sont le mieux à même de nous dire quels sont les projets les plus prometteurs.

Donc la sélection a été très exigeante, beaucoup de projets de haut niveau n’ont pas été retenus, mais le travail qui a été fait. Je veux dire que c’est un travail qui ne sera pas vain, parce que c’est l’ensemble de notre système qui est tiré vers le haut par cette démarche.

Cela représente dans le domaine de la santé, 2,4 milliards d’euros d’actions ciblées sur la santé, à quoi s’ajoute environ 1 milliard d’euros d’actions qui concernent la santé d’une manière ou d’une autre.

Derrière ces chiffres, il a des actes, il y a des avancées concrètes dont on ne parle pas assez.

Ces investissements permettront par exemple à la France de rattraper son retard dans l’engagement de grandes cohortes de patients en épidémiologie.

S’agissant plus spécifiquement du cancer, trois projets de cohortes sur les dix retenus observeront des patients atteints de cancers pour en améliorer la prise en charge, les traitements, l’évolution et la rémission.

Le programme « santé et biotechnologies » qui est doté de 1,5 milliard d’euros, soutiendra la création de centres d’investigation clinique ou encore la production de vecteurs pour la thérapie génique.

Quant aux IHU, dotés au total de 850 millions d’euros, ils portent sur des thématiques aussi diverses que la rythmologie, la modélisation cardiaque, la nutrition, les neurosciences ou encore l’infectiologie.

Ces instituts seront autant de pôles d’excellence de niveau mondial, à l’image du vôtre. Et ils vont être au cœur d’un renouvellement du modèle hospitalo-universitaire porté par notre pays depuis les ordonnances de Michel DEBRE de 1958.

Tout à l’heure, nous étions à Sélestat, et là encore je veux évoquer cet exemple.

Voilà un hôpital de proximité qui s’est engagé dans une démarche fédérative avec les établissements voisins d’Obernai et de Sainte-Marie-aux-Mines.

Voici un hôpital de proximité qui ouvre un nouveau bâtiment pour améliorer les conditions de travail des équipes, l’accueil des malades, la délivrance des soins.

Voici un hôpital de proximité qui fait le choix de l’innovation en se portant à l’avant-garde de la relance à l’échelle nationale, du projet de dossier médical personnel, qui est un des chantiers que conduit Xavier BERTRAND et Nora BERRA.

Le résultat, cela doit être un meilleur suivi des patients, une organisation des soins plus efficiente et une coordination plus grande entre la ville et l’hôpital.

L’avenir, c’est aussi la e-santé. Cela concerne aussi bien la médecine de pointe que la médecine de proximité.

C’est un sujet sur lequel nous avions du retard ; nous sommes en train de le rattraper.

La loi de juillet 2009 a fixé un cadre juridique pour la e-santé. L’Agence des systèmes d’information partagés en santé vient de mobiliser 18 millions d’euros. Les fondements sont posés et nous allons maintenant intensifier nos efforts.

Nous allons présenter dans les prochains jours, une stratégie pour le développement de la e-santé, pour mieux coordonner les initiatives nationales et locales qui émanent des acteurs de santé – en ville ou à l’hôpital – mais aussi des élus.

Le programme investissements d’avenir est mobilisé sur le sujet. Il y eu un premier appel à projets en janvier, à hauteur de 10 millions d’euros, concernant la santé et l’autonomie sur les lieux de vie grâce au numérique. Et un deuxième appel à projets de 30 millions d’euros va être incessamment lancé.

Nous avons doté en mars dernier le Fonds national pour la société numérique de 1,4 milliard d’euros.

A travers ce fonds, l’Etat va pouvoir investir dans des entreprises de toutes tailles, tirer le meilleur parti du potentiel de croissance et d’innovation que recèle ce secteur et on voit dès maintenant émerger des projets sur la chaîne de traitement de l’image médicale, sur les outils d’aide au diagnostic, sur les instruments de simulation virtuelle.

L’apport des nouvelles technologies aux secteurs sanitaires et médico-social a un aspect transversal qu’il me paraît très important de souligner parce que nous ne pouvons plus nous satisfaire de la vision cloisonnée qui a trop longtemps prévalu et qui a montré ses limites, et qui a malheureusement eu des effets très négatifs sur la qualité de la prise en charge des publics les plus vulnérables.

Les Agences régionales de santé ont de ce point de vue marqué une rupture institutionnelle très importante. Mais il faut maintenant aller plus loin et entrer dans le contenu, c'est-à-dire dans la pratique de la prise en charge.

C’est ce qu’avec le Président de la République, nous avons voulu en demandant au gouvernement de préparer le grand chantier de la réforme de la dépendance que pilote Roselyne BACHELOT.

Je suis convaincu que pour affronter le défi du vieillissement, il est absolument essentiel d’exploiter les ressources de la technologie, au service de la médecine de pointe comme de l’accompagnement de proximité.

Au fond, nous avons devant nous, un nouveau secteur économique et social.

Nous avons devant nous une nouvelle société de l’autonomie.

Ce défi du vieillissement ne doit pas seulement être perçu comme une contrainte. C’est un défi qui recèle des potentialités de croissance, d’emplois que nous n’avons pas le droit de laisser s’échapper.

Nos concitoyens sont profondément attachés à la qualité de leur système de santé. Ils font dans l’ensemble confiance aux professionnels de la santé.

De grands chantiers de santé publique ont été lancés par le Président de la République : le plan Alzheimer, le plan cancer, le plan national de développement des soins palliatifs.

Face aux nouveaux risques, face aux nouvelles vulnérabilités, nous essayons de répondre présents.

Mais nous devons être conscients des enjeux. La situation financière de l’assurance-maladie et le niveau de notre endettement public nous obligent à des adaptations et des efforts.

Evidemment on pourrait regarder ailleurs, reporter le problème à plus tard…

D’autres l’ont fait avant nous !

Nous pourrions recourir à la solution si habituelle de l’impôt…

Nous nous y refusons parce que ce n’est pas en asphyxiant notre économie que nous allons trouver des solutions durables pour garantir notre système de santé et pour garantir notre système de solidarité.

Notre démarche est celle de la modernisation, c’est celle de l’innovation.

C’est celle de la qualité, de la sécurité, de l’efficience des soins.

Et c’est de cette manière-là que nous pourrons trouver des ressources de financement et d’économie.

C’est le sens de la loi « Hôpital, patients, territoires » qui est maintenant entrée dans les faits. On le voit ici, en Alsace. Les nouvelles instances de gouvernance des hôpitaux sont en place. La conférence régionale de la santé et de l’autonomie a été installée. Les unions régionales des professionnels de santé ont été élues. Les projets de maisons de santé pluridisciplinaires ont commencé à se développer. Le projet régional de santé et les contrats locaux sont en préparation. Le processus de renforcement des coopérations entre les établissements est en marche, en particulier des projets de communautés hospitalières de territoire sur Mulhouse, sur le Sud Haut-Rhin et sur le Nord du Bas-Rhin.

J’ajoute enfin que le plan « Hôpital 2012 » produit des effets concrets comme le montre par exemple la démarche de regroupement des blocs opératoires des Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Du point de vue budgétaire, les indicateurs attestent la vision responsable que nous défendons.

En 2010, les dépenses de l’assurance-maladie ont été strictement conformes aux prévisions votées en loi de financement de la Sécurité sociale.

Vous allez me dire, c’est la moindre des choses…

Et bien c’était la première fois depuis 1997 !

Et c’est très important que les mesures que l’on prend, aboutissent bien aux résultats que l’on vise, sinon il faut changer de mesures, il faut changer de méthode, il faut changer de moyens.

On va poursuivre dans cette voie. On vient d’avoir les premières indications pour 2011 et elles confirment que c’est le cas. Les objectifs de la conférence des déficits de mai 2010 devraient cette année encore être tenus.

Mais nous savons qu’il va falloir aller plus loin pour garantir la soutenabilité de notre politique de solidarité à long terme.

Et c’est la raison pour laquelle j’ai saisi le Conseil économique, social et environnemental afin de lui demander de réfléchir sur notre système de protection sociale et notamment sur la question du partage entre protection de base et protection complémentaire.

Cette modernisation de notre système de soins, nous ne pourrons pas la conduire sans une pleine adhésion des professionnels.

Nous leur faisons confiance, nous sommes à leur écoute.

Le protocole du 2 février 2010 a permis de revaloriser les carrières des professions paramédicales. Nous avons revalorisé l’acte C de consultation médicale.

On va aller encore plus loin dans le cadre du chantier «Médecine de proximité». Nous voulons redonner confiance dans l’exercice libéral et nous sommes conscients que le problème de la désertification médicale ne pourra pas être résolu en dehors de la concertation.

Avec les contrats d’engagement de service public, on a déjà permis à deux cents étudiants en médecine de percevoir une allocation en échange d’une installation dans des territoires à faible densité de population.

On a lancé le programme « 250 maisons de santé » en zone rurale ou dans des quartiers en difficulté.

On va continuer à renforcer les incitations de ce type pour que l’ensemble de notre territoire puisse bénéficier de professionnels de santé de qualité sans avoir à recourir à des méthodes trop coercitives ou trop brutales.

A travers la proposition de loi sur l’hôpital qui a été déposée par le sénateur FOURCADE, nous allons donner une nouvelle impulsion à la médecine de proximité et à l’exercice collectif en ambulatoire et nous allons régler ainsi les problématiques de responsabilité civile pour les professions de santé qui ne disposent pas aujourd’hui des garanties suffisantes.

Mesdames et Messieurs,

Depuis quatre ans, nous essayons de réformer la France et nous le faisons ensemble.

Je veux dire par là, que contrairement à ce qui est trop souvent dit, les Français ne sont pas conservateurs.

Bien souvent, ils ont accompagné le mouvement, ils se sont adaptés, ils se sont investis.

Nous avons agi avec la conviction que dans la mondialisation, un grand pays c’est un pays qui se bat pour défendre son niveau de compétitivité économique et qui maîtrise ses dépenses publiques.

Nous avons réformé notre système de retraites pour garantir sa pérennité et nous sommes en train de réfléchir aux solutions pour relever le défi du vieillissement.

Nous avons affirmé pour notre enseignement supérieur, pour la recherche et pour l’innovation, une ambition dont je crois qu’il n’y a pas d’équivalent dans notre histoire récente.

La crise économique de 2008, celle qui crée les tensions sur le système bancaire que monsieur FRADIN évoquait à l’instant et que nous allons chercher à réduire au maximum, c’est là un exemple très intéressant de la schizophrénie dans laquelle nous sommes, parce qu’après la crise financière, tout le monde a dit « plus jamais ça, les banques se sont mal conduites, elles prennent des risques qui sont insupportables, il faut mettre en place des systèmes pour éviter que ça ne se reproduise ».

Alors on a mis en place les systèmes pour éviter que cela ne se reproduise et maintenant on nous dit : « il y a trop de garanties et vous allez tuer le crédit en en renchérissant considérablement le coût ».

Donc il faut trouver de bons équilibres, mais ça veut dire aussi surtout qu’avant de jeter aux gémonies un système quand il est en crise, il faut parfois réfléchir… réfléchir à deux fois.

En tous cas cette crise économique, elle ne nous a pas fait dévier de notre cap.

On a cherché à en sortir par le haut.

On a cherché à en sortir par l’investissement, par les réformes.

Et les efforts que nous avons conduits, sont en train de payer.

La croissance est de retour, l’économie française a recommencé à créer des emplois.

Nous gardons bien entendu à l’esprit qu’au sortir de cette crise la concurrence entre les nations ne sera pas moins rude qu’en y entrant, elle sera au contraire encore plus rude parce que comme dans toutes les crises, certains pays qui vivaient sur leur héritage, sont sortis affaiblis et d’autres qui étaient en pleine croissance, ont profité de cette crise pour gagner encore quelques positions.

Les cartes de la puissance à l’échelle mondiale ont été rebattues.

Et nous voyons de nouveaux pays qui aspirent à tenir des positions dominantes. Est-ce que nous pourrons nous maintenir notre haut de niveau de vie et est-ce que nous pourrons maintenir notre degré élevé de protection sociale dans ce contexte ?

Nous savons que ce haut niveau de vie, ce degré élevé de protection sociale, ce n’est pas des vérités éternelles et il vaut mieux prendre la mesure des bouleversements qui sont à l’œuvre plutôt que de se bercer d’illusions.

Mais en même temps, je voudrais dire que le réalisme ne s’oppose pas à l’espoir ni la volonté à la lucidité.

Le nouveau monde qui est en train de se dessiner fera la part belle à la création, à la réflexion, à la recherche, à la formation, à l’expertise. Or ce ne sont pas des notions qui sont étrangères à notre pays.

Et si nous savons miser sur nos atouts, nous garderons notre destin entre nos mains, nous préserverons notre pacte social et nous nous maintiendrons à un rang digne de notre histoire.

Nous avons les moyens d’être en pointe dans bien des secteurs. C’est ce que nous pouvons voir ici à Strasbourg, où la recherche médicale française, soutenue par la volonté politique, démontre la permanence et le renouveau de son excellence.

Et je voudrais, monsieur le Président, vous dire que c’est un grand message d’espoir pour le chef du gouvernement que je suis, d’avoir assisté aujourd’hui à ce qui est la réussite de l’excellence française.