Objets connectés : un plus dans la prise en charge de la dépendance pour 93% des français

Politique publique | 22 oct. 2014
Selon une étude TNS Sofres pour la Fondation Mutuelle Générale publiée le 17 octobre, 93% des français estiment que les technologies connectées peuvent permettre de mieux prendre en charge et de faciliter le quotidien des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Près de 30% déclarent d’ailleurs que c’est déjà le cas, un chiffre qui atteint 40% chez les aidants.


Par « technologies connectées », les auteurs de l’étude semblent surtout désigner les objets connectés dans le champ de la domotique : détecteurs de mouvements ou de fumée permettant d’alerter automatiquement les secours ou les proches, outils de géolocalisation pour les malades d’Alzheimer…etc. Ainsi, 90% des français interrogés trouvent que ces technologies offrent des « possibilités intéressantes » pour le maintien à domicile des personnes dépendantes.

Les technologies d’aide à la mobilité sont également plébiscitées par 80% des répondants à l’étude : canne intelligente équipée d’un GPS, casque interprétant les signaux du cerveau pour les transformer en gestes, par exemple.

Plus étonnant, 23% estiment que ces technologies facilitent déjà la vie de nombreux patients dépendants, et ce chiffre monte à 40% pour les personnes ayant un proche atteint d’une maladie neurodégénérative (par exemple : Alzheimer, Parkinson, Sclérose en plaques) .


 

 

La confidentialité : toujours une préoccupation mais pas autant que l’impact financier


Si le fait de pouvoir suivre à tout moment la santé du malade est perçu comme un avantage par 89% des interrogés, ils sont tout de même un tiers (33%) à craindre les menaces des technologies connectées sur l’intimité et la dignité des malades. Une problématique qui a d’ailleurs déjà fait l’objet de travaux et publications par la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL).

Toutefois, c’est le coût de ces innovations qui constituerait le principal frein à leur usage. 85% des répondants craignent en effet l’impact financier sur les malades et les familles, 41% les coûts financiers pour la société. D’ailleurs seuls 7% seraient prêts à financer eux-mêmes ces équipements quand 39% attendent une prise en charge par les pouvoirs publics, 36% par la Sécurité sociale et 18% par les mutuelles.

Les résultats de cette étude, menée en aout 2014 à la demande de Fondation de la Mutuelle Générale, amènent à penser que les français identifient de plus en plus positivement le rôle des nouvelles technologies dans l’amélioration de la prise en charge des personnes en perte d’autonomie.

Rappelons à ce propos la contribution de l’ASIP Santé aux expérimentions PAERPA  (personnes âgées en risque de perte d’autonomie), prévue par l’article 48 de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2013 : l’agence déploie le service de messageries sécurisées pour les professionnels de santé MSSanté  auprès des acteurs des territoires pilotes qui ne disposeraient pas de messagerie sécurisée conforme à la réglementation.

L’expérimentation PAERPA autorise d'ailleurs à titre dérogatoire l’échange de données de santé à caractère personnel par des non professionnels de santé.
 


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