Bureautique Santé : deux ans après, retour sur le projet d’informatisation des petits établissements

Régions | 04 juin 2012
Fin octobre 2010, l’ASIP Santé lançait dans les régions Aquitaine et Picardie le programme « Bureautique Santé », qui vise à fournir aux établissements sanitaires et médico-sociaux faiblement informatisés des outils simples et sécurisés pour partager des données de santé numériques et alimenter le Dossier Médical Personnel (DMP). Deux ans après, retour sur les avancées du projet dans les établissements médico-sociaux, pionniers de la e-santé de demain.                              
Suite à la publication de l’appel à projet, les groupements de coopération sanitaire (GCS) Télésanté Aquitaine et E-santé Picardie, deux maitrises d’ouvrages pionnières pour le déploiement du DMP,  ont été sélectionnées en octobre 2010 pour être pilotes du projet. En 2011 les deux GCS ont mené leurs procédures d’appel d’offre pour sélectionner les partenaires industriels du projet. Le recrutement de 150 établissements volontaires dans chaque région est aujourd’hui largement avancé, et les solutions mises en route fin 2011 sont en cours de déploiement industriel sur la base de cette cible ambitieuse.
 
Le passage de notre système de santé à l’ère du numérique repose sur l’échange et le partage des données dématérialisées que permettent ces nouvelles technologies. Ainsi, la coordination entre les différents professionnels de santé est fluidifiée, et le patient est pris en charge de façon plus efficace. Un an après son lancement par l’ASIP Santé, le Dossier Médical Personnel permet déjà aux médecins de ville d’échanger avec leurs confrères hospitaliers des données de santé sur leurs patients. Mais à l’heure ou la prise en charge de patients dépendants, malades chroniques ou handicapés demande de plus en plus de faire collaborer spécialistes et structures de soins et de prise en charge dans toute leur diversité, la e-santé peut aussi être le moteur d’un changement profond. La souplesse que permet l’usage de technologies numériques ignore les frontières entre les secteurs sanitaire et social.
Dans le domaine de la santé, même si cette agilité est nuancée par le caractère sensible des données échangées, elle permet de lancer des ponts entre des mondes qui autrefois s’ignoraient. En clair, la possibilité technique offerte aux établissements de s’interconnecter induit parfois des partenariats inédits.
Cette propriété des technologies de l’information et de la communication est une révolution pour ce monde de la santé jusque-là très cloisonné, car elle permet à terme d’éviter les ruptures dans le parcours de soin du patient, et ainsi soigner de façon plus personnalisée et de manière plus efficace.
 

Le programme Bureautique Santé, un service pour les établissements

 
Le programme Bureautique santé vise donc un double objectif: aider les établissements de soins à créer des données de santé informatisées sécurisées en vue de leur échange par voie électronique, et faire émerger une culture de l’échange étendue aux établissements médico-sociaux..
 
D’un point de vue plus opérationnel, le projet donne la possibilité aux structures sanitaires et médico-sociales participantes, de disposer gratuitement pendant un an d’un outil informatique léger (accessible en ligne) leur permettant d’éditer et de stocker des comptes rendus médicaux dématérialisés conformes aux exigences de sécurité et d’interopérabilité définies par l’ASIP Santé. Ces documents peuvent ensuite alimenter le DMP ou être envoyés par messagerie sécurisée. L’organisation de projet mise en place garantit en outre un accompagnement de chaque structure et de chaque utilisateur.
 

Un premier bilan encourageant

 
Un an après le choix des prestataires et la promotion auprès des établissements, le projet a atteint sa phase de mise en marche opérationnelle.
 
En Picardie, la solution logicielle proposée par le groupement industriel CONCERTEL est opérationnelle dans les secrétariats de 23 structures médico-sociales. Parmi elles, deux EHPAD, à Avre et à Chantilly, une dizaine de centres de soins, des Etablissements publics handicaps éducation soin emploi (EPHESE) et deux Services de Soins Infirmiers à Domicile (SSIAD), à Amiens et à Jaux.
 
En outre, 84 établissements à ce jour ont déclaré être intéressés par la solution proposée, les installations et les formations de ces sites sont en cours ou planifiées pour les prochains mois. Au total, l’objectif est de mettre en œuvre la solution Bureautique Santé dans 150 établissements d’ici la fin du projet début 2013.
 
Les phases de préparation et de calibrage, qui avaient pour objectif de tester les procédures de déploiement et d’assistance aux usages sur 15 établissements, sont maintenant terminées. Le projet entre dans une troisième phase dite de déploiement opérationnel qui verra la mise en place des outils dans les autres établissements, sur la base des apprentissages de la phase de calibrage.
 
D’ailleurs, une nouvelle version majeure de la solution a été construite en tenant compte de ces premiers retours d’expérience. Elle intègre de nouvelles fonctionnalités telles que l’importation de fichiers pdf et images, ainsi qu’une visualisation en « ligne de vie » de l’historique d’un patient. Elle a été mise à disposition des utilisateurs le 27 mars dernier.
 
Dans la région Aquitaine, une centaine d’établissements sont pour l’instant inscrits dans le projet, pour majorité intervenant dans le champ médico-social. Le GCS Télésanté Aquitaine (TSA) a choisi une solution logicielle développée par SANTEOS. Intuitif et ergonomique, le système inclut notamment un outil de recherche intelligent,  un système de notification pour faciliter la collaboration des professionnels de santé  intervenant auprès d'un patient, et garantit une alimentation rapide du DMP.
 
Après une phase de préparation menée sur trois établissements pilotes dont deux EPHAD (l’EHPAD-résidence « Albodi » à Bardos et l'EHPAD d'Hagetmau), le système est aujourd’hui déployé dans une dizaine d'établissements de l'Aquitaine. Particularité de la région, plusieurs directeurs d’établissement médico-sociaux ont créé une association ad hoc - « Aqui BS » - pour promouvoir le développement et les usages de Bureautique Santé, par le biais notamment d'un club d’utilisateurs.
 
Le GCS e-santé Aquitaine est en bonne voie pour atteindre d’ici fin 2012 l’objectif fixé des 150 établissements ayant expérimenté la solution pendant au moins six mois..
 
Reste que le chantier le plus important porte, comme toujours avec les nouvelles technologies, sur l’usage de ce nouvel outil par les professionnels. Sur ce point, si les résultats sont plus longs à obtenir, les chiffres de création et de consultation de compte rendus médicaux sont encourageants dans les deux régions concernées, et le logiciel se fait petit à petit sa place au sein des établissements, selon les chefs de projet des deux GCS. Conscients de leur statut de pionniers, ces derniers pointent quelques difficultés imprévues mais sont confiants pour l’avenir, grâce notamment à l’ouverture par l’ASIP Santé du Répertoire des Acteurs Sanitaires et Sociaux (RASS) permettant une identification facilitée des professionnels de santé par les établissements médico-sociaux. Gageons que ce nouvel annuaire accélérera encore le décloisonnement de nos structures de soins, au bénéfice des patients.