Un portail web pour partager les expertises en cytologie-hématologie : le projet ANDRAL

Services | 19 oct. 2012
Le 11 octobre dernier, le Groupement Francophone d’Hématologie Cellulaire (GFHC) organisait une réunion pour le lancement du réseau ANDRAL, un projet de télé-expertise en cytologie hématologie. L’occasion de présenter le seul programme de ce type déployé d’emblée à l’échelle nationale, toutes spécialités confondues.

La cytologie hématologie est la branche de la biologie qui consiste en l’étude des cellules du sang. Pratiquée dans des laboratoires d’analyses médicales spécialisés ou non, cette discipline est en première ligne pour la prise en charge des leucémies et/ou des lymphomes. Se basant sur l’interprétation d’images de microscope, la cytologie hématologique est une discipline exigeante, et les spécialistes se font de plus en plus rares.
C’est pour répondre à ces besoins que le Groupe Francophone d'Hématologie Cellulaire (GFHC), en partenariat avec le Collège d'Hématologie des Hôpitaux Généraux, a monté le réseau ANDRAL de télé-expertise en cytologie hématologie. Pour tout laboratoire demandeur, l’outil permet d’obtenir en mois de 24h deux avis d’experts après analyse d’un dossier d’images numérisées.

En projet depuis 2009, l’expérimentation grandeur nature de l’outil a été lancée ce 11 octobre dernier à l’occasion d’une réunion organisée par le GHFC, et à laquelle participait l’ASIP Santé.
L’événement a fait salle comble, réunissant des représentants des laboratoires libéraux mais aussi hospitaliers autour d’une présentation du projet, de l’outil web et de son utilisation, de son financement et enfin du cadre juridique qui l’encadre. Le rôle de l’ASIP Santé a été d’accompagner et de conseiller les porteurs du projet sur tous ces aspects. Par exemple, c’est sur les recommandations de l’Agence que le GFHC a renforcé ses garanties de sécurité et de confidentialité mais aussi d’intégrité des données de santé en migrant son logiciel vers un hébergeur agréé de données de santé.
Comment ça marche ?
L’idée est relativement simple : à travers un portail web, les utilisateurs préalablement inscrits peuvent demander à des collègues de toute la France de leur fournir un avis sur des images difficiles à interpréter. Appelés « relecteurs », ces biologistes sont au nombre de 50, organisés en binômes. Pour chaque demande « postée » sur le portail, un avis sera apporté après consultation et entente du binôme. Au moment de prendre sa décision, 24 h maximum après sa demande, l’utilisateur pourra s’appuyer sur la synthèse des avis complémentaires des deux spécialistes ainsi consultés.

Issus soit de laboratoires hospitaliers soit de laboratoires indépendants, ces relecteurs sont des bénévoles inscrits dans le projet depuis ses prémisses. Les binômes se relaient pour assurer des gardes durant les 18 mois de la première phase d’expérimentation. Du fait du grand nombre de relecteurs, chaque binôme ne sera d’astreinte que 3 ou 4 semaines au total sur toute la période de l’expérience.
Les échanges d’informations (images, données cliniques et biologiques…) se font dans un environnement entièrement sécurisé, via une : transmission cryptée., hébergement sur serveur agréé pour les données de santé.…

Via un comité de coordination, une gouvernance a été mise en place pour s’assurer du bon fonctionnement de l’outil, des échanges et du respect réglementaire des procédures.
Quel modèle économique ?
Pour l’instant le réseau ANDRAL est opérationnel sur le plan technique, mais vit sur des fonds alloués au titre de l’expérimentation : l'ARS du Limousin, la Ligue contre le Cancer de Corrèze et la Mutualité Française ont choisi de supporter financer le projet.

Pour le pérenniser, il faudra ensuite trouver d’autres sources de financement : « La piste que nous privilégions est celle d’une reconnaissance de l’acte de télé-expertise en cytologie hématologie par la CNAM, afin que celui-ci puisse être remboursé, à l’instar de ce qui est fait sur l’anatomopathologie » reconnaît le docteur Vincent Leymarie, médecin coordonnateur du projet. Mais cela passe par une modification de nomenclature et un avis de la HAS sur l’évaluation médico économique qui sera réalisée au cours du projet, procédures qui prennent du temps.

«L’idée est que cette expérimentation permette de démontrer la viabilité et la pertinence de l’outil comme de l’organisation mise en place. L’évaluation médico économique de l’étude permettra d’appuyer la demande de reconnaissance de l’acte auprès des autorités compétentes » poursuit le Pr. Xavier Troussard, président du GFHC.

Prévoyant, d’autres pistes sont déjà envisagées pour le financement ultérieur d’ANDRAL : une cotisation forfaitaire demandée aux laboratoires utilisateurs… « Mais nous n’en sommes pas encore là… même si la pérennisation du projet est déjà une réflexion ouverte. »




Retrouvez les présentations de la réunion du 11 octobre en téléchargement ci-dessous (Documents associés).