HAD : encourager le développement de la télémédecine

Télémédecine | 21 juin 2010
Si les établissements d’HAD ne peuvent être porteurs de la télémédecine, ils ont pourtant un intérêt incontestable à encourager son développement, notamment pour ce qui est de la télésurveillance et de la téléconsultation. 
 
En matière d’hospitalisation à domicile, la télémédecine présente, selon le livre blanc de la FNEHAD, deux enjeux majeurs. Le premier est « le déploiement de la télésurveillance au domicile pour les patients atteints de maladies chroniques (hypertension artérielle, suites de greffe, diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire…), les grossesses à risque et les personnes âgées en perte d’autonomie ». Le second, lui, vise au « développement de la télémédecine pour certaines spécialités ou dans les territoires à faible densité de population, que ce développement se fasse au domicile ou dans des lieux de santé collectifs comme par exemple les maisons de retraite ».
 

Des relations fructueuses entre HAD et télémédecine

Cependant, « la télémédecine suppose la présence à distance d’un médecin ou d’une sage-femme, chargé de l’interprétation des éléments recueillis à distance et de la démarche diagnostique et thérapeutique qui en découle, généralement dans le cadre d’une téléconsultation. L’HAD ne peut donc pas être le porteur de la télémédecine car sa mission est de réaliser des soins et non pas de diagnostiquer ni de prescrire ». 
 
Pour autant, précise le livre blanc, les relations entre télémédecine et HAD peuvent être très fructueuses. Ainsi « le développement de la télémédecine pour certaines pathologies et certains territoires permettrait de maintenir des patients à domicile ou en EHPAD, dans le cadre d’une prise en charge HAD, en évitant des hospitalisations conventionnelles ou un défaut de soin ». De plus, « certains patients pris en charge en HAD demandent un niveau de suivi médical qui, en l’absence de télémédecine, est générateur de déplacements pour le patient ou d’un risque de non prise en charge quand l’éloignement est trop important ». Enfin, « l’HAD peut être partie prenante de l’acte de télémédecine lorsque celui-ci demande l’assistance d’un personnel paramédical pour sécuriser la pose des équipements ou le recueil des indicateurs avant interprétation par le médecin, ou encore pour assister le patient en téléconsultation ».
 

Deux applications prioritaires 

Le livre blanc souligne donc l’intérêt de cette pratique, incite les acteurs de l’HAD à s’impliquer activement dans son développement et préconise de privilégier deux types d’application :
  • « la télésurveillance qui permet à la fois la surveillance d’équipements de soins (ex : pompes), le recueil d’indicateurs au moyen de capteurs (télémétrie) et la concentration des mesures dans un système capable de les analyser et de les présenter de manière interprétable, notamment en référence à des profils de pathologies et à l’historique des données ; cette application est à ne pas confondre avec la télé-assistance ou télé-alarme qui se limite aux moyens de visio et de téléphonie ;
  • la téléconsultation qui permet à un médecin distant, au moyen d’une connexion son et image de qualité et d’appareils de télémétrie, et en ayant accès au dossier du patient, de produire un diagnostic ». 
 
Enfin, le livre blanc attire l’attention sur la nécessaire vigilance des établissements d’HAD sur certains impacts de la télémédecine vis-à-vis des patients, car il est nécessaire de les accompagner pour favoriser l’acceptation des technologies au domicile, mais aussi sur les processus de l’HAD, et notamment sur la coordination des soins.