Le DCC, outil de suivi du cancer intégré au DMP

Le mag numéro 3 | 19 juin 2012
Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer (INCa), répond aux questions du Mag

LE MAG : Qu’est-ce que le DCC ?
Agnès Buzyn : Le dossier communicant de cancérologie (DCC) est un outil proposé aux patients atteints d’un cancer. Centré sur la personne malade, il est dédié au partage des informations entre les acteurs de la cancérologie, en particulier les médecins traitants, pour favoriser leur coordination et permettre la continuité de la prise en charge des patients atteints de cancer pendant et après la phase aiguë du traitement.

Aujourd’hui, le DCC est en avance par rapport aux autres dossiers médicaux "métier" concernant des pathologies, à la fois sur les réalisations et surtout l’organisation indispensable à la mise en œuvre de ce type d’outil.
 
LE MAG : En quoi le DMP est-il pertinent pour le DCC ?
A. B. : Le DCC et le dossier médical personnel (DMP) ont pour vocation première d’être des outils facilitant les échanges d’information entre les professionnels de santé que les patients autorisent à accéder à leur dossier. Plutôt que de les mettre en concurrence, il est apparu plus pertinent de faire du DCC le « volet cancérologie » du DMP.

Le DMP est le seul dossier communicant du patient inscrit dans un cadre législatif. C’est un outil généraliste qui couvre tous les types de pathologie. Il permet d’impliquer la personne dans la gestion de son parcours de soins et de simplifier sa prise en charge, dans le respect du secret professionnel et de sa vie privée.

Pour faciliter le développement coordonné du DCC et du DMP, l’INCa a signé avec l’ASIP Santé, en décembre 2009, un accord de partenariat pour le déploiement du DCC qui a donné lieu à la publication du cadre national du DCC-DMP. Le DMP offre ainsi, notamment, un cadre juridique solide et une sécurité maximale pour l’hébergement des données de santé. 
 
LE MAG : En quoi l’arrivée du DCC va-t-elle modifier la prise en charge du cancer ? Quelles avancées notables a récemment connu la mise en place du DCC ?
A. B. : Le DCC a démarré en 2004 par quatre expérimentations régionales pour aboutir, en 2006, à la production d’un cahier des charges et à une phase pilote initiée par l’INCa et l’ASIP Santé sur la période 2011-2012. Sept régions volontaires y participent : Alsace, Aquitaine, Lorraine, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Picardie, Rhône-Alpes.

Une des avancées notables permises par cette phase pilote concerne le développement des usages, réalisé grâce à l’accompagnement permanent des équipes de coordination des réseaux régionaux de cancérologie (RRC), au plus près des utilisateurs. Ce « compagnonnage » est une force pour le déploiement du DCC/DMP sur le terrain.

Le premier document partagé électroniquement est la fiche de réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP), définie par l’INCa et mise en place au sein des établissements de santé. D’autres documents commencent à être partagés, comme les comptes rendus d’anatomie et cytologie pathologiques (CRAP) et le programme personnalisé de soins (PPS).

Les résultats de cette phase pilote permettront de préciser les modalités de déploiement du DCC sur le reste du territoire, pour une meilleure prise en charge des patients. La généralisation du dispositif est prévue pour fin 2013.
Pour plus d’informations sur le DCC et l’INCa : http://www.e-cancer.fr/