La République tchèque, résolument sur la voie de la e-santé

Le mag numéro 8 | 05 juill. 2013
 Si le taux d’informatisation des médecins en République tchèque est légèrement en dessous de la moyenne européenne, cela n’a pas empêché le pays d’entrer de plain-pied dans l’ère de la e-santé. Aujourd’hui, plus d’un cinquième de la population possède un dossier médical électronique partagé.

Avec 10 millions d’habitants, la République tchèque est un petit pays qui a connu ces trente dernières années des mutations profondes de son administration.
Cela ne l’a pas empêché, bien au contraire, d’inscrire son système de santé dans un mouvement de transformation rapide grâce aux technologies de l’information et de la communication. Le dossier santé électronique, ou eZK, a été officiellement lancé en 2003. Aujourd’hui, près de 2,5 millions de dossiers, contenant au total plus de 200 millions de documents sont ouverts. Environ 20 000 professionnels de santé utilisent quant à eux le système [1] .

Comprenant au départ des informations simples (traitements en cours, compte-rendu d’hospitalisation), le dossier patient tchèque n’a réellement pris son essor qu’à partir de 2009 avec la possibilité offerte cette année-là aux patients d’ouvrir eux-mêmes leur dossier depuis un
site web dédié.

Depuis, d’autres développements ont permis d’ajouter plus de fonctions à l’eZK. Aujourd’hui il contient :
  • un historique des médicaments prescrits, couplé à un système d’e-prescription sécurisé par une carte électronique d’assuré social (semblable à notre Carte Vitale).
  • les comptes-rendus d’hospitalisation
  • les vaccins
  • les résultats de laboratoire (analyses) 
  • des données administratives : remboursement, état civil… 
A noter, toutes ces applications se déclinent déjà sur smartphone et sont accessibles du bout des doigts tant par les patients que par les médecins.

Particularité tchèque, le dossier médical est uniquement réservé aux assurés affiliés à la
Všeobecná zdravotní pojišťovna České republiky (VZP CR), un assureur de santé obligatoire. La VZP assure près des deux tiers de la population du pays.

En outre, le taux d’informatisation des professionnels de santé tchèques reste légèrement en-dessous de la moyenne européenne, même si le taux d’échanges entre les médecins déjà « connectés » est comparable aux autres pays de l’union.

Ces deux facteurs limitent de fait la généralisation du système qui à l’origine était une initiative privée de la
société IZIP. Cette dernière assure encore aujourd’hui la gestion du service, même si elle est rentrée dans une démarche de normalisation depuis la définition d’une stratégie nationale de e-santé en 2007.

Cette politique d’ouverture se traduit également au niveau européen. C’est pourquoi IZIP est responsable pour la République tchèque de la mise en œuvre du
programme EpSOS, le projet européen expérimental d’échange de données de santé, piloté pour la France par l’ASIP Santé.

Plusieurs autres projets pilotes sont en cours, comme la prise de rendez-vous électronique, avec envoi automatique de SMS de rappel au patient, ou l’accès direct aux données des patients pris en charge par les services d’urgence.

Pour plus d’informations :

[1] Chiffres IZIP: http://www.izip.cz/system-izip/mobilni-ezk

Crédits Photo : © Albo - Fotolia.com