Anne-Marie Julia: « Développer les usages nomades »

Limousin | 14 août 2013
Après l'interview du Docteur Danièle Bourlot, deuxième volet de notre série sur la e-santé en psychiatrie, avec l'exemple du Centre Hospitalier Esquirol de Limoges. Anne-Marie Julia, Directrice du système d’information, revient sur les différentes étapes du déploiement de ces projets d'envergure au sein d'un établissement de santé. 

Quels principes ont guidé le développement de services de e-santé au sein du CH Esquirol ?


Depuis cinq ans l’une des priorités du centre hospitalier est, dans le cadre du parcours de soins, le développement de la coordination avec l’ensemble des acteurs de la prise en charge des patients. Pour ce faire, il a été clairement décidé de s’appuyer sur le système d’information.

Pour utiliser les nouvelles technologies de l’information et de la communication, il faut disposer d’un socle informatique très structuré. Nous avons donc procédé en plusieurs étapes afin de construire un socle solide.
Dès 2001, nous avions mis en place un dispositif d’identification fort avec l’instauration de cartes CPS pour l’ensemble des professionnels de santé.
Ensuite, nous avons choisi un système de dossier patient informatisé interne à l'établissement. 
Le premier élément du socle est en effet d’avoir un dossier patient informatisé totalement déployé, qui touche toutes les fonctionnalités concernées dans l’établissement et qui soit réellement utilisé et interopérable.
De 2007 à aujourd’hui nous nous sommes donc attachés au déploiement de ce dossier. Il couvre les différentes formes de prescriptions, le plan de soin ou encore les agendas du patient et des professionnels.
À côté de cela, nous avons mis en place une cellule d’identitovigilance (système de
surveillance et de gestion des risques et erreurs liés à l’identification des patients) et travaillé sur la gestion du consentement.
Nous disposons donc désormais d’un socle qui nous met en situation de répondre, à brève échéance, aux indicateurs de l’hôpital numérique.


Quels dispositifs avez-vous ensuite déployés ?


Tout d’abord, nous avons été l’un des cinq établissements psychiatriques au niveau national à avoir été retenu pour le déploiement du projet DMP en établissements de santé. Nous avons donc créé un peu plus de mille DMP et notre commission médicale a donné son aval pour que le DMP soit alimenté (de manière non automatique) par plusieurs types de documents : ordonnances, comptes-rendus de consultation ou d’hospitalisation, résultats d’analyses biologiques, etc. À partir du dossier patient informatisé, les professionnels de santé peuvent, s’ils le souhaitent, choisir d’intégrer ou non une information au DMP de leur patient.

En matière de télémédecine, nous avons plusieurs chantiers en cours telle la visioconférence, utilisée notamment en matière de télé expertise, mais aussi pour les audiences du juge des libertés et pour la détention des patients en soins sans consentement. Enfin, nous venons de déployer, à la demande des représentants des usagers et des familles d’usagers, un rappel de rendez-vous par SMS.


Quel est votre prochain projet en matière de télémédecine ?


Toutes nos unités d’hospitalisation sont désormais équipées de tablettes tactiles. Notre prochain chantier sera de développer les échanges avec toutes les équipes qui interviennent sur les lieux de vie des patients. L’idée est qu’elles puissent, à partir d’ordinateurs portables dans un premier temps, avoir accès au dossier patient informatisé afin de le consulter et y entrer des données. Pour cela, nous devons mettre en œuvre un portail internet sécurisé. Nous y travaillons, mais pour l’instant ce projet est momentanément retardé devant la nécessité de prendre en compte le contexte économique actuel.



DMP : une collaboration étroite avec l’ASIP Santé


Dans le cadre du projet du DMP en établissements de santé, le centre hospitalier Esquirol a travaillé en étroite collaboration avec l’ASIP Santé et la maitrise d’ouvrage régionale en esanté, le GCS Epsilim. Plusieurs réunions d’informations, mais aussi des points à date sur l’avancement du chantier ont été organisés avec l’ASIP Santé. « Nous avons eu beaucoup d’échanges sur ce qui se pratiquait dans les autres établissements, ce qui nous a été très précieux », explique Anne-Marie Julia. « Ces retours d’expérience ont vraiment rythmé notre projet. De plus, nous avons pu contacter nos interlocuteurs de l’ASIP Santé sans aucune difficulté dès que nous avons rencontré un problème ».
Disponibilité des informations, kits méthodologiques, temps d’échanges, autant d’éléments qui ont permis une collaboration fructueuse entre l’établissement et l’ASIP Santé.

 


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