Focus sur le GCS Tesis, chef d’orchestre de la e-santé dans l’Océan Indien

Réunion | 08 oct. 2012
Le GIE Télémédecine Océan Indien, qui assurait le pilotage et la mise en œuvre des projets de télésanté à La Réunion et Mayotte, est devenu cet été le GCS TESIS. Ce changement de nom et d’organisation révèle le changement d’échelle de ce groupement, qui devient le pivot de toute la politique de e-santé dans cette zone où elle est vitale. Retour sur les missions et les projets phares de cet acteur incontournable de la e-santé en France.

Depuis cet été, le Groupement d’Intérêt Economique (GIE) Télémédecine Océan Indien a laissé place au Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) TESIS OI, pour "Télémédecine Echange et Systèmes d’Information de Santé Social ". Derrière le changement de nom, il faut voir le changement de dimension opéré par le groupement : comptant 22 adhérents, 5 chefs de projets permanents et 3 experts, il s’est imposé comme véritable chef d’orchestre de la e-santé à La Réunion et Mayotte. Cette nouvelle forme juridique lui permet d’avoir l’agilité nécessaire pour mener à bien des projets qui prennent une ampleur grandissante et associent de plus en plus d’acteurs. Elle fait également suite à l’adhésion du GIE TOI au programme Emergence, par lequel l’ASIP Santé accompagne la professionnalisation des organisations qui développent des projets de e-santé au niveau régional. Le groupement a su réunir les prérequis et compléter les objectifs du programme en un temps record de 8 mois.

Et il y a du travail ! Le projet régional de santé de l’ARS Océan Indien pour la période 2012-2016 identifie le GCS comme Maîtrise d’Ouvrage de plus d’une vingtaine de projets concernant la santé numérique. Le groupement devient donc le pilote du développement des services nécessaires à l’échange d’informations entre professionnels de santé. Il accompagne ses adhérents (établissements, professionnels et réseaux de santé,  prestataires informatiques...) en servant de relais entre le monde de la santé et des systèmes d'informations et en aidant à la conduite de projets dans ce domaine. Il s’agit à la fois d’épauler de grands projets nationaux comme le déploiement du Dossier Médical Personnel (DMP), ou des initiatives locales, qui correspondent à des besoins plus spécifiques à la région ultramarine.


Déployer des services utiles aux réunionnais

Par exemple, l’un des outils phares déployés récemment est un dispositif de télémédecine innovant spécialement adapté à l’isolement de certaines populations de l’île. En 2010, le groupement a mis à disposition des habitants du cirque de Mafate, accessible uniquement à pied ou en hélicoptère, une valisette qui permet de prendre les constantes d’un patient et de les envoyer par réseau cellulaire 3G. Si le système a déjà été testé en Guyane, en Savoie et même dans le cirque voisin de Cilaos, le dispositif mafatais se distingue par cette particularité : ce sont des volontaires parmi la population, appelés « référents santé » qui manipulent la valise prenant les constantes. Lorsqu’un patient est en difficulté et qu’il appelle le SAMU, le médecin du centre de régulation l’oriente, si les symptômes l’indiquent, vers un référent santé de Mafate. Ce dernier va aider le médecin régulateur à affiner son diagnostic téléphonique grâce aux données recueillies par la valisette. La plupart du temps, cette téléconsultation se limite simplement à la prise du pouls, de la température, de la tension, de la glycémie… etc. Mais lorsque cela est nécessaire, le référent santé peut aussi prendre une photo de la plaie, effectuer un électro cardiogramme voire ranimer un patient en arrêt cardiaque grâce au défibrillateur externe intégré. Ces gestes sont appris par les référents santé lors d’une formation prodiguée par l’hôpital de Bellepierre à St Denis, la préfecture de région. Dans cette partie de l’île où le seul moyen d’évacuation rapide disponible est l’hélicoptère de la gendarmerie, le dispositif est un moyen précieux pour donner un premier diagnostic fiable.

Autre service qui fait la fierté du GCS : le réseau « R2S » pour « réseau santé social ». Depuis juin 2012, ce réseau de communication haut débit connecte entre eux plus 89 établissements de santé et leurs sites secondaires afin de leur permettre d’utiliser la télémédecine. Des systèmes de visioconférence ont d’ailleurs été installés dans plus de 50 sites. L’infrastructure est sécurisée et propose des tarifs négociés suite à un dialogue compétitif mené pour le compte des adhérents.


Data Center et Télémédecine les grands projets de demain

Parmi les grands projets qui attendent le GCS TESIS, le déploiement du DMP et de la future messagerie sécurisé de santé, bien sûr, mais aussi la création d’un site d’hébergement (ou « data center ») propriété du GCS et de ses adhérents. Ce mode d’organisation permettra de répondre à deux besoins fondamentaux pour le déploiement de la e-santé sur l’île : se mettre en conformité avec le décret hébergeur, en obtenant l’agrément nécessaire pour héberger des données de santé, et fournir ensuite une solution d’hébergement sûre et plus attractive que celles proposées par les rares opérateurs privés de l’île. La solution devrait être disponible courant 2013.

Côté télémédecine, le groupement déploiera dès 2013 une solution régionale pour la prise en charge des urgences neurologiques et AVC et lancera une expérimentation de gestion des avis d’anatomo-cytopathologie extemporanés. Tous ces services viendront consolider le maillage existant en rendant la esanté de plus en plus accessible.

Sous l’impulsion et l'appui financier important de l’ARS Océan Indien, tout un monde de services de esanté efficients se développe à La Réunion et à Mayotte, améliorant déjà la prise en charge des patients au quotidien. S’appuyant sur une organisation agile et un réseau d’acteurs dense, le GCS TESIS a toutes les cartes en main pour faire de la esanté un élément majeur de la qualité du système de soins dans l’Océan Indien.

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