GCS e-Santé Bretagne : bilan et perspectives. Guillaume LAURENT et Olivier VANTORRE répondent à nos questions

Bretagne | 08 janv. 2013
Guillaume LAURENT, Administrateur du GCS e-Santé Bretagne et Olivier VANTORRE, Directeur du GCS e-Santé Bretagne répondent à nos questions et reviennent sur l’actualité récente du GCS e-Santé Bretagne.


Lors de l’Assemblée Générale du GCS e-Santé Bretagne le 14 décembre dernier, vous avez célébré les 5 ans d’existence du GCS e-Santé Bretagne. Quels sont les principaux acquis de cette période ?


Après l’époque des « pionniers » (30 établissements adhérents à sa création en 2007), le GCS e-Santé Bretagne a réussi à fédérer en son sein, autour d’un projet commun, celui d’un développement coopératif régional en e-santé (échanges de données numérisées, télémédecine…), une centaine d’organismes adhérents, de tous horizons.
Le modèle économique et la gouvernance promus depuis 2011 s’appuient sur une participation significative des adhérents : une cotisation annuelle, proportionnelle aux capacités financières de chaque adhérent, permet de financer les frais de fonctionnement. En contrepartie, les adhérents décident du portefeuille de projets (annuellement), bénéficient des prestations d’accompagnement aux projets (gratuites) du GCS, et peuvent accéder aux services de la plateforme régionale d’e-santé.
Le GCS se veut être une structure légère de coordination, s’appuyant sur les compétences partagées de ses adhérents, notamment via des « correspondants », répartis dans les 8 territoires de santé de la région, mis à disposition pour certains projets. Ainsi, l’équipe-projet du GCS comptera un maximum de 7 chefs de projet, à l’horizon 2013.
Un équilibre des rôles me semble avoir été trouvé avec nos organismes de régulation, notamment via le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens signé en juillet 2012 avec l’ARS Bretagne, qui permet de financer les projets prioritaires dans la région.

Pouvez-vous citer deux exemples de projet qui ont changé le quotidien des professionnels de santé et des patients bretons ces 5 dernières années ? Comment ?


ORIS (outil de régulation des inscriptions en SSR), par son caractère fédérateur et son ergonomie intuitive, permet de fluidifier la régulation des demandes de lits des établissements de court séjour vers les établissements de soins de suite et d’HAD. Près de 500 professionnels sont déjà connectés et 1500 demandes d’inscriptions de patients par mois sont réalisées. D’ici mi-2013, tous les établissements publics et privés de la région devraient l’utiliser, ce qui doublera les chiffres actuels. Cet outil est très apprécié des professionnels, notamment des cadres de santé.

Le CREBEN (centre régional breton d’expertise neuroradiologique) s’inscrit dans les priorités régionales de santé publique, notamment la prise en charge des AVC (accidents vasculaires cérébraux). Ce projet promu par les deux CHU de Brest et Rennes consiste à proposer un service d’expertise neuroradiologique à distance aux médecins urgentistes, radiologues, neurologues, afin d’améliorer le diagnostic, notamment en urgence, pour les pathologies du système nerveux central. L’activité du CREBEN se développe, avec une vingtaine d’établissements inscrits dans le réseau. Il s’appuie, d’un point de vue technique, sur l’infrastructure du RUBIS (réseau breton d’imagerie de santé), dont le GCS assure la maîtrise d’ouvrage, qui relie une quarantaine d’établissements et, désormais, des cabinets libéraux de radiologie, pour des échanges d’images médicales multidirectionnels.

Quels sont les enjeux du GCS e-Santé Bretagne pour les prochaines années ?


En termes de gouvernance, intégrer davantage le secteur médico-social, encore peu représenté au sein du GCS e-Sante Bretagne, et maintenir l’équilibre auquel nous sommes parvenus tant avec les adhérents qu’avec les organismes de régulation.
En termes de projets, le déploiement du DMP, puisque la Bretagne est impliquée dans le programme « DMP en régions » de l’ASIP Santé, sera au cœur de l’action fédérative du GCS. Nous pouvons citer également le développement de la télémédecine, sous plusieurs angles, et notamment celui de la téléradiologie et celui des territoires insulaires, si spécifiques à la Bretagne. Un enjeu majeur consistera, enfin, à renforcer le réseau régional à très haut débit dédié santé, en lien avec les collectivités locales.

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