Le DMP n’aura de sens, en Languedoc-Roussillon comme ailleurs, que s’il est vraiment partagé

Languedoc-Roussillon | 22 févr. 2012
  Après le lancement officiel du DMP dans le département du Gard le 25 janvier dernier, le Docteur Martine AOUSTIN, directrice de l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon revient pour l'ASIP Santé sur les enjeux de la e-santé dans sa région.
 

La politique de l’ARS du Languedoc-Roussillon en matière de e-santé


Au centre du dispositif des Systèmes d’information de santé, le DMP ne doit pas se limiter à être personnel, il doit aussi être partagé. Si le terme est ambitieux, il résume parfaitement l’enjeu autour duquel les Systèmes d’information de santé, y compris la télémédecine, doivent se positionner.
Corporatismes et étanchéité entre spécialités ou monde libéral/hospitalier sont incompatibles avec la notion de transversalité, et donc de déploiement du DMP et de l’informatique médicale. Il n’y a qu’un pas à franchir, et il faudra inéluctablement qu’il le soit, entre DMP et DMPP (Dossier médical Personnel Partagé).

C’est dans cet esprit que s’articule la politique de l’ARS ; autour de 3 axes :
  • La mise en place d’une gouvernance régionale : il s’agit de réunir l’ensemble des acteurs, libéraux, hospitaliers, usagers et leurs représentants, collectivités, en vue du pilotage :
    • d’une veille stratégique pour partager les enjeux de la « e-santé », en tant qu’axe innovant de modernisation, de simplification du système de santé, et d’égalisation des conditions d’accès des usagers.
    • de l’organisation d’un niveau opérationnel pour déployer les projets en région.
       
  • L’élaboration d’un schéma directeur régional des SI de santé : avec pour visée de revisiter les objectifs de notre Projet régional de santé (plan stratégique, schémas) en les passant au crible des systèmes d’information, et de définir ainsi des priorités. Nous trouverons par exemple le déploiement de l’outil « trajectoire » qui permettra de fluidifier les parcours entre soins aigus et soins de suite et de réadaptation, la mise en place du Registre Opérationnel des Ressources (ROR) en matière d’urgences, et bien entendu le déploiement du DMP en région. 
     
  • Le programme de télémédecine fait partie intégrante du PRS. Prochainement soumis à la concertation, il intègrera des projets en cours, tels le traitement des plaies complexes ou la télé imagerie…
Les Systèmes d’information de santé, associés à des initiatives fédératrices telles que le DMP, contribueront à ce que tout converge et se recoupe pour structurer la « e-santé » en Languedoc-Roussillon.


Lancement du DMP en Languedoc-Roussillon


Le CHU de Nîmes s’est fortement impliqué dans une démarche d’informatisation de ses services et ce, dans une logique d’intégration et d’échanges transverses, des urgences au programmé en passant par la gestion du brancardage ou la gestion des images. C’est un exemple performant d’intégration des différents services et pôles autour d’une logique de suivi constant du patient, quel que soit son environnement médical (urgences, bloc opératoire, réanimation, etc.).

Pour ce faire, des compétences médicales ont été intégrées et adjointes à l’équipe informatique.

C’est tout à fait symbolique d’une volonté forte de mettre en correspondance les besoins quotidiens du corps médical avec la palette des services informatiques pouvant y répondre. Ainsi, 2 langages et 2 environnements ont pu converger, chacun contribuant à l’avancée médicale ou technique de l’autre, avec un objectif central et partagé de qualité et de sécurité dans les soins au patient

Dans ce contexte, la sélection du projet du CHU de Nîmes - parmi les 33 sites retenus en France dans le cadre de l’appel à projets «DMP en établissement de santé» - constitue une chance pour la santé en Languedoc-Roussillon.

Le défi du partage


Pour faire de cette expérimentation un réel succès, des circuits d’information fluides et continus doivent s’instaurer entre le CHU et les professionnels de santé situés dans son environnement : médecins traitants, cliniques, cabinets de radiologie, Communauté Hospitalière de Territoire et ses diverses composantes.

Le DMP se doit d’être partagé entre la ville et l’hôpital. L’Agence sera attentive à ce que la médecine libérale et les cliniques puissent être, à leur tour, des transmetteurs et récepteurs de l’information médicale relayée, ensuite, par le CHU de Nîmes. C’est une opportunité à saisir pour continuer à rapprocher les compétences et les professionnels de santé des secteurs privés et publics.

Si l’offre de soins en Languedoc-Roussillon a toute légitimité à rester plurielle, la santé de ses habitants ne se divise pas, et doit donner lieu à la mobilisation d’une véritable intelligence sanitaire, mettant en synergie l’ensemble de ses acteurs. 

L’ARS y veillera. 

Dr Martine AOUSTIN
Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé du Languedoc-Roussillon