DMP : l’enthousiasme alsacien

Points de vue | 14 mars 2012
Point de vue de Pascal Charles, médecin libéral en Alsace.

Levier de la coordination des soins, le DMP connaît en Alsace une acceptation qui résulte d’une large concertation entre tous les acteurs de santé. Pour les médecins libéraux, c’est la possibilité de mieux travailler avec les établissements de santé et le secteur médico-social. Témoignage de l’un d’entre eux.
 
Le DMP dans sa version nationale est désormais ouvert et accessible, dans une vision de partage d’information entre professionnels et d’amélioration du service rendu aux patients. 
 
Avec la présence historique d’un GCS e-santé, le contexte régional était favorable à l’implication de l’Alsace dans le projet DMP. À titre personnel, c’est ma pratique médicale quotidienne qui m’a fait ressentir l’intérêt d’un outil informatique sur lequel il serait possible d’obtenir rapidement les résultats des derniers examens réalisés et les principaux antécédents des patients.
 
Ainsi, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis investi dans le déploiement du DMP, dans le cadre de l’équipe de l’Union régionale des médecins libéraux puis du GCS e-santé. L’appui de l’ARS a été déterminant, par son implication institutionnelle, mais aussi en intégrant réellement les groupes de travail et en faisant du développement des technologies de l’information et de la communication (TIC) une priorité de sa stratégie.

Aujourd’hui, le centre hospitalier universitaire de Strasbourg, les centres hospitaliers de Sélestat et Obernai, Saverne, Haguenau sont déjà connectés au DMP.

Dans le même temps, un déploiement a été obtenu parmi les professionnels libéraux, grâce à l’appui d’une équipe de visite au cabinet du praticien pour l’installation et l’explication des outils, mais aussi des éditeurs de logiciels interopérables.

Le monde médico-social fait aussi l’objet d’une grande attention, tant ses attentes sont grandes. Nos échanges interrégionaux nous ont permis de mesurer l’intérêt de la bureautique santé pour intégrer rapidement des établissements non encore informatisés. C’est également vers ces établissements que s’orientera en priorité le projet régional de télémédecine (PRT). 

Notre stratégie de déploiement se tourne désormais vers des bassins de santé centrés autour d’un hôpital ou des circuits de soins identifiés, ou des réseaux comme ceux de la cancérologie, avec lesquels nous avions déjà entamé une collaboration avancée avec l’équipe de déploiement du DCC.

La partie n’est pour autant pas gagnée.
 
L’enthousiasme des patients et l’écoute bienveillante des professionnels sont des atouts.

Il faut néanmoins donner du corps à ce dossier médical en l’alimentant pour apporter un plus dans la prise en charge interprofessionnelle et un confort dans l’exercice des praticiens.
 
L’aspect qualitatif de l’information figurant dans le DMP doit être travaillé aussi pour répondre aux attentes des professionnels. Ainsi, notre objectif pour 2012 comporte l’apport de la biologie dans le DMP d’une manière lisible et la mise en place d’un réseau de partage de l’imagerie.

Ces informations seraient de nature à favoriser l’appropriation de l’outil DMP par les professionnels. 

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que toute l’équipe DMP Alsace aborde l’année 2012 et les suivantes. Les enjeux sont importants, pour la qualité du service rendu mais aussi en termes démographiques et organisationnels.

Ils permettront aussi des actions innovantes vers les patients, informations pratiques mais aussi éducation thérapeutique, prévention, etc.
 

À propos de…

Pascal Charles est médecin pneumologue à Strasbourg. Il fait partie de l’Union régionale des médecins libéraux d’Alsace et est, à ce titre, administrateur du groupement de coopération sanitaire (GCS) e-santé Alsace.