Isabelle Adenot : "Le dossier pharmaceutique ouvre la voie"

Points de vue | 22 avr. 2010
Point de vue de Isabelle Adenot (Conseil national de l’Ordre des pharmaciens)
 
L’année 2009 a marqué une étape importante pour les pharmaciens. Elle a constitué la première année de généralisation du dossier pharmaceutique (DP) après, fin 2008, l’autorisation accordée par la CNIL et la parution du décret  fixant les modalités de mise en œuvre.
 
Isabelle AdenotLe Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, à qui la loi confie la maîtrise d’œuvre du DP, a adopté un plan d’accompagnement et de communication d’envergure nationale pour favoriser l’appropriation de ce nouvel outil par les professionnels et le public.
Pour relever ce défi, le CNOP a conclu des partenariats avec des acteurs clés du système de santé français : le Collectif inter-associatif sur la santé, afin de répondre aux demandes des patients sur le DP, la Haute Autorité de santé pour la certification métier des logiciels d’aide à la dispensation et l’ASIP Santé pour l’usage de la carte de professionnel de santé (CPS).
Au 5 avril 2010, 61,7 % des officines sont raccordées au DP, qui fait chaque jour la preuve de son utilité et de sa sécurité : plus de 10 % de la population française et 20 % des seniors ont ouvert un dossier. Chaque semaine, 300 000 patients bénéficient, grâce au DP, d’un partage d’informations effectif entre les différentes officines où ils se sont rendus et plusieurs millions de messages DP sont signés électroniquement par les CPS dont sont équipés les pharmaciens. En 2010 et 2011, avec la fin du déploiement du DP, l’arrivée du DMP et l’interconnexion rendue possible entre les deux dossiers, cet outil de coordination des soins au bénéfice des patients prendra tout son sens. 
 
Autre chantier majeur, le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) : un décret  confie aux Ordres professionnels le rôle de guichet unique pour rationaliser l’inscription, l’enregistrement des diplômes et la mise à jour régulière des données des professionnels de santé. Un comité de gestion du RPPS a été mis en place avec l’ASIP Santé.  Le CNOP s’est dès l’origine fortement engagé dans ce projet : après la carte Vitale et la télétransmission qui avaient pu démarrer grâce à la mobilisation des pharmaciens, après le DP qui a ouvert la voie aux dossiers dématérialisés, les pharmaciens sont ainsi devenus les premiers, le 18 janvier 2010, à utiliser la procédure de simplification administrative offerte par le RPPS. 
 
Toutes ces avancées illustrent les synergies qui peuvent résulter d’une collaboration pertinente entre l’ASIP Santé et les Ordres. De bon augure pour les années à venir, années où les technologies de la communication vont prendre leur essor dans le monde de la santé.
 
Isabelle Adenot, présidente du conseil national de l’Ordre des pharmaciens.