
Marc Giroud : "La refonte du système d’information de l’urgence"
Points de vue | 21 juin 2010
Point de vue de Marc Giroud (SAMU Urgences de France)
Afin de mieux faire face à la deuxième vague de pandémie grippale, l’ASIP Santé s’est vue confier par Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, la réalisation d’un système d’information national : SIN SAMU grippe.
Dès la première vague de la pandémie grippale, en avril, les SAMU-Centres 15 se sont mobilisés pour répondre aux appels. Dans sa fonction, le médecin régulateur du
SAMU confirme ou non la possible contamination, envisage d’autres hypothèses, sécurise le maintien à domicile ou oriente le patient vers la structure la mieux adaptée. Il agit dans une démarche médicale d’écoute, de dialogue, de rigueur méthodologique, de mise en confiance et de pédagogie. En période exceptionnelle comme au quotidien, il dispense le juste soin à chaque patient et contribue à l’amélioration de l’organisation collective.
Pour préparer la deuxième vague pandémique,
SAMU-Urgences de France, dès le mois de mai, a proposé un plan d’action, dont l’une des composantes était la mise en place d’un recueil national des appels et de leur typologie. La ministre a alors choisi de confier à l’ASIP Santé la réalisation d’un système d’information national : SIN
SAMU grippe.
Un outil d’aide à la régulation médicale
L’objectif était de passer d’une gestion départementale des informations médicales traitées par les
SAMU à une gestion nationale, au moyen d’un nouvel outil offrant à chaque
SAMU une aide à la régulation médicale des cas de grippe (avec mise à jour centralisée, et donc automatique pour les utilisateurs, de l’algorithme d’aide à la décision) et apportant aux autorités une exacte appréciation des sollicitations adressées aux
SAMU. Il fallait que l’outil soit assez simple pour être utilisé par des personnels non spécialisés (secrétaires médicales de l’hôpital ou généralistes retraités appelés en renfort), et qu’il puisse être interfacé avec les quatre logiciels utilisés par les
SAMU afin que son usage s’intègre au fonctionnement habituel de ces services.
Dans des délais très contraints, l’ASIP Santé a réalisé l’étude des besoins (en lien avec les utilisateurs de terrain et leurs quatre opérateurs habituels), retenu le principe d’une architecture (accès sécurisé en Web), et lancé, en urgence motivée, une procédure d’appels d’offres. L’ASIP Santé a également retenu un opérateur principal (Cegedim), contractualisé avec les éditeurs des quatre logiciels
SAMU, puis surveillé le déploiement sur le terrain des dispositifs de connexion, et veillé à la bonne marche de l’ensemble. Le tout livré pour le 30 septembre 2009… la première demande lui ayant été adressée début juin.
Au-delà de la performance, cette opération est unanimement saluée par les urgentistes comme l’entrée, en confiance, dans un grand chantier de refondation nationale du système d’information de l’urgence… et le dépassement de la culture du cloisonnement qui prévalait jusque-là.
Marc Giroud, président de SAMU-Urgences de France.
