Baromètre Santé 360 : les nouveaux usages en santé

Politique publique | 27 mars 2018
Les résultats du baromètre Santé 360 viennent de paraitre. La thématique de cette première édition 2018 portait sur les usages du numérique. Nouveauté cette année, certains pays européens ont été sondés. Les enseignements sont riches et confirment que le numérique est un des leviers de transformation de notre système de santé.
 
Depuis 2018, l’ASIP Santé est associé au baromètre Santé 360. Effectué par l’institut Odoxa pour la MNH, Orange Healthcare, la FHF et l’ASIP Santé, ce baromètre est réalisé avec le concours scientifique de la Chaire Santé de Sciences Po. Ce baromètre est en quelque sorte un Observatoire. Il se veut à 360° à la fois parce qu’il aborde chaque trimestre un sujet spécifique de santé en approfondissant très amplement toutes ses dimensions auprès de toutes les populations concernées (les Français, les médecins, les directeurs d’hôpitaux, les infirmiers, les européens,…) et aussi, parce que l’ensemble des partenaires réfléchissant aux thématiques à aborder proviennent d’univers de santé différents et légitimes dans leur domaine.

 

Les principaux enseignements de cette nouvelle vague sont :

 
I - Aux yeux des Français, leur système de santé est un trésor, ils en sont fiers et toujours satisfaits, mais tous les indicateurs d’image et de satisfaction sont en très nette dégradation  
  1. Fierté et satisfaction encore apparentes : parmi les grands pays testés, la France est le pays jugé le plus performant en matière de soins, que ce soit par les Français, les médecins ou les directeurs d’hôpitaux. D’ailleurs, les trois-quarts des patients disent être satisfaits de leur dernière expérience à l’hôpital…
  2. Mais pourtant, ces bons résultats apparents masquent une situation préoccupante : tous les indicateurs (satisfaction, image, perception du parcours de soin…) se dégradant très fortement et très rapidement
 
II - Le numérique, le digital, les outils et services liés aux NT apparaissent justement comme un levier puissant de la satisfaction ; un moyen de « remonter la pente »…  
  1. D’abord, « objectivement » le sentiment de fréquenter un établissement bien doté en matière de NT fait exploser toutes les perceptions positives en termes de satisfaction et d’image   
  2. Ensuite « subjectivement » les Français comme les acteurs de santé, pensent que le développement du numérique fera gagner du temps aux personnels soignants et permettra d’améliorer la qualité générale des soins dans notre pays 
  3. Plus globalement, leur Image détaillée des outils numériques et de leur impact en santé est extrêmement positive
 
 III – Mais la demande de l’opinion, ne trouve, pour le moment, pas de réponse auprès des professionnels de santé
  1. De façon plus fondamentale (ontologique), l’appétence des Français pour les NT en santé ne se dément pas : elle est même bien plus forte que celle observée auprès des acteurs de santé
  2. Les Français ont aussi une attitude tout à fait positive par rapport à l’usage des données de santé, sujet pourtant anxiogène, surtout en ce moment (polémique Facebook)
  3. Et pourtant, la recommandation et l’usage d’outils et services numériques est encore très faible, tant auprès des patients que des professionnels de santé, alors que tous semblent y être prêts
Une note d’optimisme tout de même, si les niveaux d’usages et d’équipements actuels des professionnels de santé et des établissements de santé sont encore limités, un frémissement est déjà perceptible. Stéphane SEILLER, directeur de l’ASIP Santé a ainsi relevé en deux ans, « une multiplication par 5 des médecins libéraux et par 6,5 des établissements de santé qui utilisent les messageries sécurisées MSSanté pour communiquer sur les données des patients ». C’est le signe d’une évolution positive et cela confirme la nécessité d’accompagner les projets.