22/10/2020 | Agence du numérique en santé

L’ANS publie un nouveau baromètre sur la télémédecine

L’extraordinaire essor de la télémédecine

Très investie sur-le-champ de la télésanté, l’Agence du Numérique en Santé a lancé dès fin 2019 un baromètre Télémédecine, qui réalisée par ses partenaires Odoxa et Care Insight, se donnait pour objectifs de mesurer l’adhésion, les motivations et les freins des professionnels de santé et des usagers vis-à-vis de cette nouvelle pratique. Initialement construite en trois vagues d’informations, la première vague de restitution en janvier 2020 nous avait permis de dresser un premier état des lieux du ressenti des acteurs un peu plus d’un an après l’entrée de la téléconsultation et de la télé expertise dans le droit commun au remboursement par l’assurance maladie. 

L’analyse de la seconde vague de ce baromètre télémédecine nous offre un regard sur le recours à cette pratique alors que la France a dû faire face à une crise sanitaire sans précédent et que les Français ont traversé une période de confinement. 

Dans ces conditions inédites de recours au soin et de prise en charge des patients, force est de constater que la téléconsultation a connu un essor extraordinaire avec des usages multipliés par trois auprès des patients, et des pratiques multipliées par plus de cinq auprès des professionnels de santé depuis novembre 2019. 

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Le confinement a donc été un véritable déclencheur et un accélérateur de la télémédecine à travers toute la France, et ce sans disparité que ce soit entre les territoires ou par rapport à l’âge des utilisateurs. Déjà plébiscitée en 2019, la télémédecine recueille à présent une opinion très positive et ce sont 63% des Français qui s’en disent satisfaits.

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Autre indicateur d’importance : 100% des professionnels de santé interrogés ont essayé au moins une fois cette pratique pour suivre les patients à distance, mais aussi pour compléter leur activité professionnelle. Ces professionnels, en général, ont apprécié la démarche qui permet au patient de bénéficier d’un parcours de soin cohérent et optimal. 75% des médecins se disent en effet satisfaits suite à l’utilisation de la télémédecine. 

Les professionnels de santé ont eu un accès facilité aux différentes plateformes de téléconsultation, activement démarchés par les industriels éditeurs de logiciels qui leur ont proposé des offres très attractives, voir gratuites. Afin d’améliorer la lisibilité de l’offre industrielle, un référencement des différentes solutions a été proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé, et cette période a permis à de nombreux professionnels de s’équiper et d’être accompagnés sur l’utilisation des outils. C’est en effet près d’un médecin sur deux qui s’est équipé de moyens de vidéotransmission pour la période correspondant au confinement liée à l’épidémie COVID-19.

Malgré un enthousiasme général des professionnels de santé, quelques freins subsistent notamment quant aux difficultés techniques rencontrées lors des téléconsultations. Ce constat est partagé côté usagers et les français qui regrettent globalement des problèmes de connexion. La segmentation marquée des outils logiciels et leur manque d’interopérabilité ont créé des frustrations chez les professionnels qui appellent à des outils plus et mieux intégrés afin de fluidifier leur travail. Ce qui explique également le recours à des outils de partage d’informations grand public ainsi qu’au téléphone encore parfois considéré comme plus simple.

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Par ailleurs, certaines inquiétudes persistent quant à la nature de la relation patient/médecin et sa "déshumanisation", ou encore au risque de piratage des données de santé.

La télémédecine semble malgré tout avoir de beaux jours devant elle, 65% des Français accepteraient en effet de recourir à une téléconsultation si son médecin lui proposait contre 35% en novembre 2019, et près de la moitié des médecins ne pratiquant pas avant la téléconsultation pensent l’utiliser à l’avenir.

La télémédecine et notamment l’alternative d’une prise en charge à distance en téléconsultation a été une forte plus-value pour les usagers comme pour les professionnels de santé, puisqu’elle a contribué à mieux gérer la crise sanitaire pendant cette période du confinement.

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